Le croque-mitaine (on écrit aussi croquemitaine) est un personnage maléfique dont on parle aux enfants pour leur faire peur et ainsi les rendre plus sages.
Son rôle est souvent de marquer les interdits sur des moments, ou
des lieux, considérés comme dangereux : en premier,
la nuit, traditionnellement dévolue aux démons et aux
mauvais esprits. Un croque-mitaine peut se dissimuler aux abords d'un
cours d'eau ou d'un étang, afin de noyer les imprudents. Dans
les régions où l'hiver peut être rigoureux, un
croque-mitaine (Jan del Gel, en Val d'aran)
mange le nez et les doigts de l'enfant (les parties du corps les plus
exposées aux gelures). La crainte provoquée par la menace
de tels personnages crée une peur qui n'a plus besoin
d'être motivée : le croque-mitaine se cacherait sous
le lit ou dans le placard et attendrait qu'un pied ou une main depasse
du lit pour tirer dessus, l'enfant serait alors aspiré sous le
lit et disparaîtrait pour toujours.
Les croque-mitaines existent dans l'imaginaire de tous les pays. Leurs
noms sont extrêmement variables et, sauf quelques
particularités qui permettent de les identifier, leur aspect est
assez mal défini, ce qui, dans une transmission orale, permet
à chacun de s'imaginer un être d'autant plus
effrayant : homme, femme, animal (le loup joue parfois le rôle de croque-mitaine), ou même une créature fantasmatique comme la Cambacrusa (ou camo cruse, "jambe crue")en Gascogne, qui est une jambe nue avec un il au genou !
Des personnes réelles et vivantes (âgées, au
physique inquiétant, ou vivant en retrait de la
communauté) endossent souvent, involontairement ou pas, la
personnalité du croque-mitaine pour menacer les enfants.
L'essentiel étant d'y croire.
À cet égard, le croque-mitaine, supposé être
une réalité pour être efficace, entre peu dans les
contes de la tradition orale, qui sont en principe acceptés
comme des fictions par les auditeurs. En revanche, c'est devenu un
sujet pour la littérature écrite, la
télévision, le cinéma.
